Cantates et Motet funèbre à Leipzig

13 septembre 2011 par Webmestre

 

Samedi 17 septembre 2011 à 20h30

en l’église Saint-Rémy de Vanves

 

 

Jesu Meine Freude - Cantates et Motet funèbre à Leipzig

 

 

G.P. TELEMANN (1681 - 1767)

Cantate "Ach Herr, Straf mich nicht in deinem Zorn"

J.S. BACH (1685 - 1750)

Motet "Jesu Meine Freude"

G.P. TELEMANN (1681 - 1767)

Cantate funèbre "Du aber, Daniel, Gehe hin"

 

De même que chaque culture, chaque civilisation a ses propres rites et célébrations face à la mort, nous développons et transformons en tant qu'individus notre propre expérience quand nous y sommes nous-mêmes confrontés.

Au début du XVIIIème siècle, la conception de la vie et de la mort en Allemagne repose principalement sur les écrits de Luther, prêchant que la vie terrestre n'est qu'une série d'épreuves à endurer sur le chemin vers le royaume éternel de Dieu, et que celle-ci n'est que "Vanitas".
 
La musique que vous entendrez nous plonge au plus profond des pensées et des expériences avec la mort de deux grands compositeurs - J.S. BACH et G.P. TELEMANN. Il est étonnant de réaliser comment ces deux maîtres ont su, en se basant sur les textes religieux, transmettre leur vision personnelle et spirituelle de manière aussi remarquable et au travers de l'expression musicale la plus touchante. 
 
La cantate "Ach, Herr, strafe mich nicht in deinem Zorn" de TELEMANN a été composée sur le texte du Psaume 6, dans le style italien de la fin du XVIIème siècle, alors que TELEMANN était encore étudiant. Son exécution à Leipzig permit au compositeur d'établir sa réputation.
 
On peut sentir dans cette cantate comment le jeune étudiant se mesure à son maître KUHNAU, par son intention de montrer son habileté à composer dans le "vieux style". Son jeune âge et son ambition l'amenèrent à insister spécialement sur le caractère monumental et glorieux de la mort.
 
 
BACH avait 38 ans quand il reçut la commande d'écrire le motet "Jesu meine freude" pour les funérailles de Johanna Maria KASIN, l'épouse du maître de poste de Leipzig. En pleine maturité et au sommet de son art, déjà père de sept enfants, il avait dû trois ans auparavant affronter le décès de sa première femme Maria Barbara. Ce motet est sur le plan polyphonique une de ses plus grandes réussites.
 
L'architecture du motet est celle d'un retable à trois panneaux. En son centre, une fugue, qui porte un message - celui que l'essence de l'homme et le sens de la vie ne sont autres que l'esprit qui forme leur existence.
 
On peut imagine que BACH nous présente dans ce retable une miniature du cycle de la vie - depuis la naissance, puis au travers de moments tantôt tranquilles, tantôt agités, où s'affirme la prise de conscience existentielle, jusqu'à la mort paisible et l'élévation de l'esprit au ciel.
 
 
Dans la cantate funèbre "Du aber, Daniel", nous découvrons un TELEMANN de la maturité, avec un goût développé pour l'opéra, et une connaissance récemment acquise du style français. La cantate débute avec un prélude instrumental au final déchirant. Elle nous emmène d'un arioso dramatique sur la douleur de la vie en ce monde, à une berceuse reposante, chantée par une soprano, qui nous accueille au royaume de la mort. La cantate se termine par un choral nous invitant au calme. Le tic-tac de l'horloge résonne en douceur aux cordes, jusqu'à ce que Dieu nous éveille à une nouvelle vie.
 
Trois ans après avoir composé cette cantate, TELEMANN se maria, eut un enfant et perdit sa femme - en l'espace de quinze mois. Il livra plus tard que la perte de Amalie Louise Juliane EBERLIN réveilla en lui un sentiment religieux, et il publia en 1711 des "Pensées poétiques" sur sa mort.
 
La mort ne peut être séparée de notre expérience de la vie, puisqu'elle nous confronte à l'idée de la fin sous toutes ses formes - elle est présente dans chacune de nos expirations, dans la perte d'une capacité physique, la fin de l'existence de la chair, ou juste la fin d'une histoire d'amour.
 
 
Itay Jedlin 
 

Les interprètes

 

Le programme est interprété par l'ensemble "Le Concert Etranger" dirigé par Itay JEDLIN avec : 

  • Amal ALLAOUI et Isabelle SCHMITT, sopranes
  • Pierre SCIAMA, Contre-ténor
  • Jeffrey THOMPSON, Ténor
  • Anicet CASTER, Basse
  • Julien MARTIN, Flûte à bec
  • Laura Duthuillé, Oboe
  • Anne PEKKALA et Emmanuel RESCHE, Violon
  • Emmanuelle GUIGUES et Margaux BLANCHARD, Viole de gambe
  • Julie DESSAINT, Violoné
  • Esteban GALLEGOS, Orgue

Contact : leconcertetranger@gmail.com