Concert Ensemble vocal Incipit 659

24 janvier 2011 par Webmestre

 

Vendredi 11 mai 2012 à 20h30

en l’église Saint-Rémy de Vanves
 
 

Le programme

 

Partie I 

Johann Sebastian BACH (1685 -1750)

Récitatif et Air de la Cantate BWV 51

Choral de la Cantate BWV 38

Félix Mendelssohn (1809 - 1847)

Cantate "Aus Tiefer Noth"

 

Partie II 

Anton Dvorak (1841 - 1904)

Quatuor à cordes n°12 en fa Majeur "Américain" (1er mouvement)

Félix Mendelssohn (1809 - 1847)

Cantate "Wenn nur den lieben Gott"

Hymne "Hör mein Bitten"

 

Voir les textes des pièces

 

Felix Mendelssohn Bartholdy  - La musique sacrée pour chœur

 

La musique sacrée pour chœur est l’un des piliers de l’œuvre de Mendelssohn. Elle reflète aussi l’évolution musicale du compositeur dans toute sa diversité. Mendelssohn s’est consacré à la musique vocale sacrée dès les années 1820 avec ses premiers essais de composition. Peu de temps avant sa mort il devait atteindre un point culminant dans ce genre avec l’oratorio Elias qui fut créé en 1846 et publié à peine quelques semaines avant la mort du compositeur.

Il laisse plus de cinquante œuvres sacrées parmi lesquelles des motets a cappella, des cantates, des psaumes polyphoniques, des travaux pour diverses circonstances liturgiques et des oratorios. Son œuvre comprend des compositions sur des textes allemands et latins, tant pour l’église protestante que pour l’église catholique, quelques œuvres pour les services religieux anglicans et la mise en musique du Psaume 100 pour la synagogue de Hambourg. Une grande partie de sa musique sacrée fut créée non à l’église, mais au concert ou lors des grandes festivités musicales urbaines que Mendelssohn dirigea au cours des années 1830 et 1840 en Allemagne et en Angleterre.

La musique sacrée de Mendelssohn illustre l’immense intérêt de Mendelssohn pour les monuments de l’histoire de la musique. Ainsi Tu es Petrus  (1827), édité à titre posthume, renvoie à l'oeuvre de Palestrina ; le motet à seize voix, Hora est  (1828), fait renaître la polychoralité de l’âge baroque, tandis que la séquence Lauda Sion  évoque la facture d’un Cherubini ou d’autres maîtres italiens.

Mais cette musique sacrée est surtout profondément marquée par l’œuvre de J. S. Bach et de Haendel dont le compositeur a tenté de préserver l’héritage musical en l’assimilant à son propre style. Mendelssohn contribua à l’exécution d’oratorios de Haendel, mais fut également l’éditeur de ses œuvres. Le style choral de Haendel revit tant dans les compositions sur les psaumes qu’il destina à la salle de concert, que dans ses grands oratorios. 

En 1829 Mendelssohn fit exécuter la Passion selon St. Matthieu de Jean-Sébastien Bach. Cet événement fut à l’origine de la redécouverte de l’œuvre de Bach au XIXe siècle. Une série de cantates de jeunesse – aujourd’hui encore relativement méconnues – ainsi que les oratorios Paulus  et Elias  témoignent de la vivacité de cet intérêt de Mendelssohn pour Bach.

(d'après R. Larry Todd)

Les deux cantates que nous interpréterons ce soir témoignent tout particulièrement de cet effort d'appropriation de l'écriture de Bach, sans pour autant tomber dans le pastiche. Dans Aus tiefer Noth, Mendelssohn revient, contrairement à J.S.Bach, au texte intégral versifié de Luther (1483-1546), traducteur du psaume 150 (De profundis), texte dont Bach ne conservait dans sa cantate Aus tiefer Noth (BWV 38) que le premier et le dernier verset, le reste de la cantate utilisant des textes d'origines diverses, méditations sur l'Écriture plus que réitération de l'Écriture elle-même. Il en va de même pour la cantate Wer nun den lieben Gott : là où Bach, dans sa cantate du même nom (BWV93), ne conserve que le premier et le dernier verset du texte original (le Glaubenslied de Georg Neuman, 1621-1681), et intercale ici encore des textes d'origines diverses, Mendelssohn met uniquement en musique les versets 1, 4 et 7 du texte de Neuman. Plus curieusement, il commence sa cantate par un choral simple sur le texte Mein Gott, du weisst am aller besten, choral de Israel Clauder (1699), sans pour autant modifier le titre de l’ensemble  ; puis il compose le verset "Wer nun den lieben Gott" à l'imitation du choeur d'entrée de Bach, qui lui donnait la forme d'un grand choral polyphonique, orné et fugué, avec orchestre. Musicalement, ces deux cantates de Mendelssohn explorent ainsi, à l’ombre du Cantor de Leipzig, la pratique du choral, du choral orné, de l'aria et de la fugue. Nous avons voulu marquer cette dimension d'hommage à Jean-Sébastien Bach en ouvrant ce concert par trois extraits des cantates BWV 51 et 38. Le célèbre hymne Hör mein Bitten s'affranchit de ces tutelles pour nous livrer une des pièces les plus pures et les plus abouties de la musique vocale de Mendelssohn.

 

Les interprètes

 

Delphine Malik

Spécialisée en musique ancienne grâce à sa formation au Conservatoire Régional de Paris complétée par des stages et de la recherche, la soprano Delphine Malik se distingue dans un répertoire varié et cohérent, allant du chant grégorien à la comédie musicale en passant par l’oratorio (Bach, Haendel, Haydn), l’opéra (Purcell, Rameau, Gluck), l’opérette, la mélodie française et le lied, toujours animée par son goût du récit et de la déclamation.

Que ce soit en France, aux Pays-Bas ou aux États-Unis, elle a eu l’occasion de côtoyer des chefs de renom dont M. Gester, T. Koopman, M. Laplénie, G. Leonhardt, M. Minkowski, H. Niquet, J. Savall, J.-C. Spinosi ou C. Rousset, au sein d’ensembles reconnus comme Les Musiciens du Louvre, Le Concert Spirituel, Sagittarius, Le Parlement de Musique, et de se produire en petite équipe pour des programmes plus intimes de motets ou de cantates.

Au nombre de ses rôles de prédilection, on citera l’Amour dans Orphée et Eurydice de Gluck, Belinda dans Didon et Énée de Purcell et le rôle-titre de La Giuditta de Scarlatti.

Depuis 1998, Delphine Malik enseigne la technique vocale auprès d’adultes dans divers cadres, notamment au Centre de Musique Ancienne d’Auxi-le-Château, au Ménestrel de Chantilly, en stage ou auprès de chœurs constitués, ainsi que lors d’actions pédagogiques pour un public allant de la maternelle au lycée. Qu’il s’agisse de cours particuliers, d’un travail à un par voix, en ensemble vocal, ou de l’élaboration de projets en lien avec une équipe pluridisciplinaire, les divers volets de sa pédagogie lui permettent de transmettre au mieux sa passion pour cet instrument universel qu’est la voix.

 

L'ensemble vocal Incipit 659

L'ensemble vocal Incipit 659 est né en 2002 de la volonté de neuf chanteurs chevronnés, presque tous anciens membres du Madrigal de Paris, etregroupés autour d'Emmanuel Blondel, de se consacrer à l'approfondissement du répertoire vocal par la pratique du chant "un par voix".

La recherche du ton juste, de la juste expressivité, nourrit son approche d'un répertoire qui s'étend de l'aube de la polyphonie aux musiques les plus contemporaines, en passant aussi bien par la grande tradition des polyphonies franco-flamandes que par les harmonisations des classiques des Beatles.

Amateurs de haut niveau, et tous bénévoles, ces chanteurs ont également à cœur d'offrir au plus large public le produit de ces explorations, de s'associer à de jeunes ensembles professionnels, et de répondre régulièrement aux demandes de manifestations musicales de différentes associations culturelles et humanitaires.

 

Les chanteurs

Anne-Solène BLONDEL, Nathalie LEBLANC, Karine PROVOST (s) ; Simla KOREZLIOGLU, Hélène POUGET, Fabienne SIMONET (a) ; Philippe GARDERET, Pascal LE DELEY, Philippe MITKO (t) ; Marc DEMEULENAERE, Jean-François PELLERIN, Elie TOUATY (b)

 

Avec la participation de :

Anne-Solène BLONDEL, Virginie DESORMEAUX, violon ;

Isabelle PEIGNEY, alto ;

Anne DUTHU, violoncelle ;

Oriane BLONDEL, orgue ;

Emmanuel BLONDEL, direction.